Cette année, j’ai réfléchi à un projet de comédie musicale avec une classe de cycle 3 autour de Charlie et la chocolaterie, œuvre emblématique de la littérature de jeunesse. Ce projet s’inscrit dans une démarche de pédagogie de projet exigeante et fédératrice, mobilisant des compétences en français, en arts plastiques, en éducation musicale, en EPS et en EMC (coopération, CPS). L’univers de Roald Dahl, à la fois fantasque, critique et profondément symbolique, constitue un support particulièrement riche pour engager les élèves dans des apprentissages porteurs de sens.
Le choix de l’œuvre s’est imposé naturellement : personnages marqués, situations contrastées, portée morale forte et imaginaire puissant. L’histoire permet d’aborder des thématiques essentielles comme la justice, le mérite, la tentation, l’éducation ou encore les comportements sociaux, tout en suscitant une forte adhésion des élèves.

Image générée par l’IA à partir de mon article de blog généré par mon cerveau !
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De la littérature au spectacle : un travail d’adaptation
Avant de lancer la comédie musicale, un travail approfondi est mené en littérature à partir du roman : j’utilise mon exploitation toute prête dans The Littérature. Cette phase a permis aux élèves de construire une compréhension fine du récit, d’analyser les personnages, leurs défauts, leurs évolutions et les enjeux de l’histoire. Evidemment, en fin d’étude, nous avons dégusté une tablette de chocolat Wonka qui contenait le ticket d’or !
Dans un second temps, j’ai adapté une version théâtrale déjà existante, en retravaillant certains passages : les dialogues, parfois longs, ont été raccourcis et recentrés sur les moments essentiels du récit. L’objectif était de proposer un script fluide, accessible et jouable, tout en conservant la richesse narrative et la portée symbolique de l’œuvre.
Commander le livre d’adaptation en pièce de théâtre

Pour obtenir ma version réécrite et ma playlist de chants, demandez dans les commentaires.
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Lecture fluence et lecture expressive
Le travail en français constitue un pilier central du projet. Les élèves sont d’abord été engagés dans des séances de lecture fluence à partir du script adapté, permettant d’observer leur aisance, leur intonation et leur compréhension. Ces observations guident l’attribution des rôles de manière pertinente et équitable.
Un travail approfondi sur les personnages est mené : les élèves analysent leurs traits de caractère, leurs comportements et leur évolution dans le récit. Ce travail permet d’affiner l’interprétation et de renforcer la crédibilité du jeu théâtral. La lecture expressive est particulièrement travaillée, avec des textes codés, des entraînements en petits groupes et en grand groupe, notamment pour incarner les excès et les émotions très marquées des différents personnages.
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Favoriser l’inclusion et l’engagement de tous
Afin de garantir l’implication de tous, les rôles sont partagés et diversifiés. Certains élèves incarnent à tour de rôle les personnages principaux, d’autres participent en tant que figurants, narrateurs ou membres des chœurs. Cette organisation permet de valoriser chacun, de réduire la pression individuelle et de multiplier les occasions de prise de parole. Le projet favorise ainsi l’engagement, la confiance en soi et le sentiment d’appartenance à un collectif.

Classe de Hayet Ben
Répétitions théâtrales et analyse des scènes
Les répétitions sont menées progressivement, en partant de la lecture expressive pour aller vers la mise en scène complète : déplacements, interactions, occupation de l’espace. Les élèves apprennent à jouer avec leur corps, leur voix et leur regard. Un travail d’analyse de scènes est mené à partir des adaptations cinématographiques « Charlie et la chocolaterie » et quelques extraits de « Wonka », afin d’enrichir le jeu et de mieux comprendre les intentions des personnages. Les élèves peuvent s’inspirer des interprétations pour affiner leur propre jeu.
Education musicale et chant
Le volet musical occupe une place centrale dans le projet. Les chansons ont été choisies à partir des adaptations cinématographiques, notamment le film avec Johnny Depp et celui de Wonka avec Timothée Chalamet. Ce choix a permis de proposer des morceaux variés, accessibles et motivants pour les élèves. Le travail a porté sur la mémorisation, la justesse, le rythme et l’interprétation. Ces moments collectifs ont renforcé la cohésion du groupe et ont donné lieu à des prestations particulièrement investies. Pour avoir la playlist des chansons choisies et l’endroit où je les ai placées dans les scènes :

EPS et expression corporelle
En EPS, des chorégraphies simples sont mises en place pour accompagner les scènes chantées. L’objectif est de développer l’expression corporelle, la coordination et la présence scénique. Les élèves apprennent à se déplacer de manière organisée, à occuper l’espace et à synchroniser leurs actions, contribuant ainsi à la qualité globale du spectacle.

Arts plastiques : costumes et décors au service de la scène
Le projet intègre un volet artistique fort autour de la création des décors. Ceux-ci sont d’abord conçus dans le cadre d’un projet de décoration de portes, lors de l’étude du roman, avant d’être réinvestis pour la représentation finale. Ce choix a permis de donner du sens au travail plastique tout en optimisant le temps et les ressources. Les élèves ont ainsi créé différents univers : la chocolaterie, les salles fantastiques, les ambiances sucrées et colorées… Ce travail permet d’aborder la notion de scénographie et de créer une immersion visuelle efficace, sans recourir à des dispositifs complexes. Le choix de ne pas utiliser de masques a permis de privilégier l’expression du visage et la projection de la voix.

Classe de Hayet Ben
Un projet pluridisciplinaire porteur de sens
Ce projet permet de croiser de nombreuses disciplines : en français (lecture, compréhension, production d’écrits), en arts plastiques (création de décors), en musique (chant), en EPS (danse), mais aussi en EMC à travers les thématiques abordées par l’œuvre. Les élèves réfléchissent aux comportements des personnages, aux valeurs véhiculées et aux conséquences des actions, développant ainsi leur esprit critique et leur compréhension du monde.
La restitution : un moment fort
La représentation finale constitue un moment fort du projet. Les élèves prennent conscience du travail accompli et de leurs progrès. La préparation de cet événement (invitations, organisation, répétitions générales) participe pleinement à la valorisation du projet. Ce temps de restitution renforce la confiance en soi et donne du sens aux apprentissages.
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Sylvie Hanot, conseillère pédagogique
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