Il y a 3 ans, j’achevais ma carrière d’enseignante en classe en apothéose avec une comédie musicale montée avec mes CM. Je n’étais pas seule, puisque je partageais la classe avec mon binôme et que toute l’année, j’avais mené des projets intercycles avec mon amie Romane et sa classe de CE1. Monter une comédie musicale avec une classe de CM1 constitue un projet pédagogique ambitieux, structurant et profondément fédérateur. À travers l’adaptation du Roi Lion, nous avons mené une démarche pluridisciplinaire mobilisant les compétences en français, en arts, en éducation musicale, en EPS et en travail coopératif, tout en valorisant l’engagement de chaque élève.

Dès la phase de lancement, le choix de l’œuvre s’est imposé naturellement : univers riche, personnages identifiables, portée symbolique forte et ancrage culturel partagé. Ce cadre narratif a permis de donner du sens aux apprentissages tout en suscitant une forte adhésion des élèves.
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Lecture fluence et lecture expressive
Le travail en français a constitué un pilier central du projet. Avant même la distribution des rôles, les élèves ont été engagés dans des séances de lecture fluence à partir du script adapté. Cette étape a été déterminante : elle a permis d’observer la qualité de la lecture à voix haute, l’intonation, l’engagement et la compréhension fine des textes. Ces indicateurs ont guidé l’attribution des rôles de manière pertinente et équitable. Nous avons travaillé le débit, l’intonation et le volume sonore, les élèves jouant sans micro sur scène. Nous avons utilisé le script d’Orphée école : CLIC
Un travail approfondi sur l’étude des personnages a également été mené afin de mieux comprendre leurs intentions, leurs émotions et leur trajectoire dans l’histoire. Les élèves ont analysé les liens entre les personnages, leurs motivations et les enjeux de chaque scène. Ce travail de caractérisation leur a permis d’affiner leur interprétation et de gagner en crédibilité sur scène. Des échanges collectifs ont favorisé la mise en mots des ressentis et la construction d’une lecture partagée de l’œuvre. Cette démarche a contribué à enrichir le jeu théâtral et à renforcer l’engagement des élèves dans leurs rôles.

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Favoriser l’inclusion
Afin de favoriser l’inclusion et la participation de tous, les rôles principaux ont été volontairement partagés entre plusieurs élèves. Cette organisation a permis de valoriser davantage d’enfants, de réduire la pression individuelle et de multiplier les occasions de prise de parole. Chaque élève s’est ainsi senti légitime et investi dans le projet.
Répétitions théâtrales et analyses d’images
Les répétitions théâtrales ont été menées en classe entière, dans une logique progressive. Les premières séances étaient centrées sur la lecture expressive, puis sur la mise en voix, avant d’intégrer progressivement les déplacements, la gestuelle et les interactions scéniques. Ce travail collectif a favorisé la cohésion du groupe et le développement de compétences sociales essentielles.

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Un travail d’analyse d’images a également été mené en amont, à partir du film et du dessin animé, afin d’enrichir la mise en scène. Les élèves ont observé attentivement les mouvements des personnages, leur posture, leurs déplacements et l’expression de leurs émotions. Cette immersion leur a permis de mieux comprendre les intentions de jeu et de gagner en justesse dans l’interprétation. Nous avons également abordé la notion de plans au cinéma (plan large, plan rapproché, gros plan), afin de les sensibiliser à la manière dont une scène peut être perçue par un spectateur. Ce travail a ensuite été réinvesti lors des répétitions, notamment dans la gestion de l’espace scénique et des placements. Les élèves ont ainsi développé un regard plus affiné sur l’image et la représentation. Cette approche a contribué à structurer leur jeu et à renforcer la qualité globale de la prestation.
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Les arts plastiques et la création de masques
Parallèlement, le projet a intégré un volet en arts plastiques centré sur la création de masques inspirés des personnages du Roi Lion. Accompagnés par notre intervenante en arts, Céline Duvernet, les élèves ont expérimenté différentes techniques afin de concevoir des réalisations à la fois esthétiques et adaptées à la scène. Les masques ont été élaborés en volume à partir de papier mâché, puis mis en couleur. Une attention particulière a été portée à la conception, de manière à laisser le visage des élèves suffisamment visible : jouant sans micro, il était essentiel de ne pas entraver la projection de la voix. Ce travail a ainsi favorisé une meilleure appropriation des rôles tout en stimulant la créativité des élèves.

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Education musicale et chant
Le volet musical a occupé une place centrale dans la dynamique du projet. Lors des séances dédiées, les élèves ont appris plusieurs chants, dont le morceau He Lives in You, travaillé en anglais dans une interprétation inspirée du gospel. L’intensité émotionnelle dégagée lors de ces moments a été remarquable, témoignant d’un réel investissement et d’une montée en compétences collective.

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EPS et danse
En éducation physique et sportive, des chorégraphies simples ont été imaginées afin d’accompagner les scènes chantées. L’objectif n’était pas la performance technique, mais la coordination, l’expression corporelle et le plaisir de danser ensemble. Cette approche a permis de rendre les élèves acteurs de la mise en scène.
Un projet intercycles
Le projet a également pris une dimension intercycles grâce à la participation de la classe de CE1 de ma copine Romane. Tout au long de l’année, des temps de collaboration ont été organisés, aboutissant à une implication active des plus jeunes dans le spectacle. Ils ont interprété une chanson et incarné les hyènes, avec beaucoup d’enthousiasme. Cette coopération a renforcé les liens entre les élèves et favorisé une dynamique d’entraide dans le cadre du plan de prévention (dispositif pHARe).

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Décors et costumes
La scénographie a été enrichie par l’utilisation de décors vidéoprojetés, offrant une immersion visuelle efficace tout en simplifiant la logistique matérielle. Les élèves ont réalisé eux-mêmes les dessins. Les costumes, choisis avec pragmatisme via une plateforme en ligne, ont permis de donner une cohérence visuelle à l’ensemble sans alourdir le budget : t-shirts vert jungle, pantalons amples africains.

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La rédaction d’invitations (production d’écrits).
L’organisation de l’événement a inclus la conception et la diffusion d’invitations à destination des familles, contribuant à valoriser le travail des élèves et à créer une attente autour du spectacle. Ce moment de restitution a constitué un aboutissement fort, à la fois pour les élèves et pour l’équipe pédagogique.
Au-delà de la représentation finale, ce projet s’inscrit pleinement dans une démarche de pédagogie de projet. Il mobilise des compétences transversales et psychosociales, développe la confiance en soi, favorise l’expression orale et renforce le sentiment d’appartenance au groupe.

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Conclusion
Monter une comédie musicale en CM1, c’est offrir aux élèves une expérience complète, exigeante et profondément valorisante. C’est aussi démontrer que l’école peut être un lieu de création, d’émotion et de coopération, où chaque élève trouve sa place et contribue à une œuvre collective. Ce fut un projet particulièrement fédérateur qui apporte autant aux élèves qu’aux enseignants.

2 enseignantes pleinement satisfaites !
Je dois reconnaître que cela me manque. Maintenant, mon collègue mène ce type de projet avec une autre dans son école, ce qui ouvre pour moi d’autres perspectives. Dans le cadre de ma mission arts et musique, j’ai donc fait le choix de mettre mes compétences au service d’autres écoles. Cette évolution m’a naturellement conduite à engager un nouveau travail de création, avec l’adaptation en pièces de théâtre de trois autres œuvres qui sont en cours avec la playlist pour en faire des comédies musicales clé en main … Je reviens vers vous très vite pour vous les proposer !
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Sylvie Hanot, CPC, Cafipemf généraliste et LVE
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