Avec la publication des projets de programmes 2025, l’enseignement de l’histoire au cycle 3 évolue de manière significative. Si les grandes périodes restent globalement les mêmes (j’ai bien dit « globalement), la manière de les enseigner change profondément. Voici une lecture claire, précise et directement exploitable pour la classe.
A noter : Ce projet de programme de juin 2025 est actuellement une base de travail du Conseil supérieur des programmes et reste sujet à validation officielle par le ministère.

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Une structuration beaucoup plus explicite des apprentissages
Dans les anciens programmes, l’Histoire était organisée autour de grands thèmes assez larges (« Le temps des rois », « Le temps de la République »), laissant une marge importante aux enseignants dans la construction des séquences.
Les nouveaux programmes introduisent une logique beaucoup plus structurée : chaque thème est désormais construit autour d’une question centrale, d’objectifs d’apprentissage précis, d’attendus explicites, de repères chronologiques obligatoires et de mots-clés à maîtriser.
Concrètement, cela signifie que l’on passe d’une logique de « parcours possible » à une logique de progression attendue commune, avec un cadrage beaucoup plus fort des contenus à enseigner.
Une progression historique complètement réorganisée
L’un des changements majeurs concerne la répartition des périodes entre le CM1, le CM2 et la 6e.
Dans les anciens programmes, le CM1 débutait par la Préhistoire et l’Antiquité (« Et avant la France ? »), avant d’aborder les rois puis la Révolution.
Dans les nouveaux programmes, cette logique disparaît :
- La Préhistoire et les mondes antiques basculent en 6e (et reviennent au CE2, mais j’ai choisi de faire un article cycle 3)
- Le CM1 commence directement au Moyen Âge
- Le CM2 poursuit jusqu’à l’époque contemporaine
Ce déplacement est très structurant : le cycle 3 devient clairement une progression chronologique continue de la France et de l’Europe, avec une articulation plus nette entre école et collège.
Un CM1 recentré sur la construction du pouvoir royal
En CM1, les anciens programmes proposaient une entrée assez large (Gaulois, Romains, Clovis, Charlemagne…).
Les nouveaux programmes recentrent fortement les apprentissages autour de la construction du Royaume de France : dynasties, pouvoir royal, sacre, guerre, impôt, monnaie.
Un deuxième thème est entièrement consacré à l’Église au Moyen Âge, avec une approche structurée :
- rôle social de l’Église
- vie des chrétiens
- clergé séculier et régulier
- art roman et gothique
Pour les enseignants, cela implique un enseignement beaucoup plus conceptuel, avec des notions à expliciter (monarchie, clergé, société d’ordres).
Des contenus plus explicites sur les enjeux historiques majeurs
Certains thèmes, déjà présents auparavant, deviennent beaucoup plus détaillés et assumés.
C’est le cas notamment :
- des grandes découvertes et de la colonisation, avec une entrée explicite sur l’esclavage, la traite et les plantations
- de 1789, désormais étudié comme une année charnière avec des repères précis (États généraux, Bastille, DDHC)
- du pouvoir monarchique, abordé à travers des figures ciblées (François Ier, Henri IV, Louis XIV)
On observe donc une volonté claire de structurer les connaissances historiques autour de notions fortes et identifiées.

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Des figures historiques imposées et incarnées
Le nouveau programme est beaucoup plus prescriptif sur les personnages à étudier. Pour favoriser la mémorisation et l’identification, chaque thème s’appuie sur des acteurs clés :
-Figures royales et mécènes : François Ier et Léonard de Vinci, Henri IV, ou encore Louis XIV à Versailles.
-Visibilité des femmes : Le projet demande une attention particulière aux actrices de l’histoire, qu’elles soient célèbres (Aliénor d’Aquitaine, Anne de Bretagne, Catherine de Médicis) ou collectives (paysannes, résistantes).
Un CM2 plus dense et plus progressif
Le CM2 connaît lui aussi des évolutions importantes. Dans les anciens programmes, certains thèmes étaient regroupés (guerres mondiales, République).
Dans les nouveaux programmes, les contenus sont davantage découpés :
- Révolution → Empire (Napoléon déplacé en CM2)
- République (1848-1914)
- Industrialisation
- Première Guerre mondiale
- Seconde Guerre mondiale
- Société française depuis 1945
Ce découpage permet une meilleure lisibilité, mais entraîne aussi une densité plus importante des contenus à traiter sur l’année.
Une place renforcée du récit et du rôle du professeur
Un point essentiel des nouveaux programmes concerne la pédagogie. Alors que les anciens textes mettaient fortement en avant les compétences (raisonner, coopérer, comprendre un document), les nouveaux programmes réaffirment clairement la place de :
- la parole du professeur
- le récit historique
- l’explicitation des connaissances
Le texte insiste sur le fait que le professeur doit conduire, guider et structurer les apprentissages, notamment lors de l’étude des documents et des mises en activité. On est donc dans une logique d’enseignement explicite des savoirs, et non plus uniquement dans une logique de découverte.
Le projet 2025 accorde une place centrale à la parole du professeur. Contrairement aux approches précédentes centrées quasi exclusivement sur l’étude de documents, les nouvelles directives encouragent des « temps de récit » conduits par l’enseignant. L’objectif est de rendre les connaissances plus « vivantes, incarnées et accessibles » en racontant la réalité quotidienne des sociétés passées ou le destin de grandes figures. L’étude de documents reste présente mais devient une modalité parmi d’autres pour exercer l’esprit critique. C’est exactement comme cela que je conçois l’enseignement de l’Histoire : en créant un récit presque à suspense pour passionner les élèves !
Une exigence accrue sur les repères et la mémorisation
Autre évolution majeure : la place donnée aux repères. Dans les nouveaux programmes, les élèves doivent :
- mémoriser des dates précises
- localiser sur des cartes
- maîtriser un lexique disciplinaire structuré
La frise chronologique et les cartes deviennent des outils centraux, à utiliser régulièrement et sur le long terme.
Cela implique en classe :
- des rituels de mémorisation
- des réactivations fréquentes
- une trace écrite clairement identifiable
Ce que cela change concrètement dans nos pratiques
Ces évolutions ne sont pas anodines. Elles impliquent plusieurs ajustements :
-une programmation plus fine et plus rigoureuse
-une explicitation systématique des notions (monarchie, République, citoyenneté…)
-un travail renforcé sur le lexique
-une place centrale donnée au récit et à la structuration des connaissances
-une attention accrue à la mémorisation et aux repères
Distinction des écrits dans le cahier
Enfin, une nouveauté organisationnelle apparaît : la nécessité de différencier explicitement dans le cahier ce qui relève :
-du travail personnel (recherches, activités)
-de ce que l’élève doit apprendre (cours, résumés, repères).
Le cahier doit devenir un outil de stabilisation des savoirs pour aider à la mémorisation sur le long terme.
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À ce jour, les nouveaux programmes d’histoire du cycle 3 (projets 2025) ne sont pas encore entrés en vigueur. Ils sont au stade de projet / consultation, ce qui signifie qu’ils peuvent encore évoluer avant une publication officielle au BO.
En revanche, les programmes actuellement en vigueur restent ceux du BO de 2020 (ajustés 2023), sur lesquels on continue de s’appuyer en classe aujourd’hui.
C’est pour cela que je vous partage mes leçons d’Histoire CM1 que j’avais faites sous forme de fiches pour ma classe.
A chaque fois, je vous propose :
-la fiche à compléter pour faire réfléchir les élèves suite à mon récit ou à une vidéo courte dont voici la playlist : CLIC
–la correction pour vous, en rouge
–la fiche de réussite avant l’évaluation, pour faire le point sur les connaissances, en bleu
Je les partagerai au fur et à mesure, car je n’avais fait les fiches de réussite pour toutes les leçons ! On commence par la Préhistoire, qui est prête.

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LA PREHISTOIRE
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Sylvie Hanot, conseillère pédagogique
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2 Comments
Thibault
4 mai 2026 at 7h22Bonjour merci pour toutes ces informations !
Après vérification, la Préhistoire et l’Antiquité (« Et avant la France ? ») seront mis sur l’année de ce2 (j’ai pu voir ça dans le projet de nouveaux programmes pour le cycle 2)…
supermaitresse
4 mai 2026 at 9h12Oui bien sûr, mais j’avais fait un article cycle 3 et donc je parlais de la 6e 😉