Dans notre département, nous avons des niveaux d’intervention graduels, de 1 à 4. Nous, les CPC, intervenons essentiellement au niveau 1 pour aider les enseignants avec des conseils pédagogiques ou pratiques d’aménagement de classe. Mais dans ce niveau 1, avant l’intervention du CPC, il y a tout un processus de cheminement avant l’arrivée du CPC. Beaucoup de choses peuvent déjà être mises en place par l’enseignant, grâce à son savoir-faire et à son expérience. En gros, ça donne ça :

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Après plusieurs formations auprès de nos directeurs sous l’impulsion de mon IEN, après plusieurs interventions de niveau 1 auprès des enseignants, j’ai quand même un sentiment de progrès dans l’accueil et dans la gestion des EBP. Les enseignants, pour la plupart, s’autoforment, participent à des animations pédagogiques pour gagner en compétences et pour mieux comprendre les élèves perturbateurs : il suffit de voir le succès des formations sur ce sujet et le nombre de personnes présentes. Mes collègues du Pôle Ressources de circonscription avec qui j’interviens sont, il faut le souligner, très efficaces et très impliquées, ce qui permet de débloquer de nombreuses situations.

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Quels sont les principaux problèmes liés à l’élève à besoins particuliers observé en classe lorsqu’on nous sollicite : il est à noter que souvent, on nous appelle pour les élèves dit « hautement perturbateurs » qui font des crises. Pour les autres, on nous appelle peu car la différenciation est mise en place, en règle générale. Voici ce que j’ai pu observer de récurrent pour ce type d’élève :
–Une fragilité affective et souvent une crise identitaire marquent leur parcours, souvent jalonné de ruptures (déménagements, séparations, pertes…). Pour se protéger, il teste l’adulte et vérifient sa capacité à l’aimer, cherchant en même temps des repères clairs qui le rassure.
–Une gestion émotionnelle difficile : envahi par la peur, la colère ou l’angoisse, il peine à mettre des mots sur ce qu’il ressent. Les émotions débordent en crises (colère, violence, insultes, bouderies) ou le paralyse (phobies, obsessions). Les pulsions prennent le dessus.
–Une estime de lui-même fragile : l’effort demandé par l’apprentissage ou par les relations sociales lui paraît insupportable, car apprendre suppose d’accepter l’erreur et la dépendance. Pour éviter l’échec, il s’agite, fuit le travail intellectuel ou provoque.
–Un rapport conflictuel à l’autorité : il provoque, s’oppose, refuse les règles et peine à accepter la frustration. La loi ou les limites sont vécues comme une atteinte à sa liberté.
–Un rapport au temps troublé : le passé et l’avenir s’effacent derrière un présent immédiat. Il mémorise parfois mal, anticipe peu et recherche surtout une satisfaction instantanée. Comme il supporte mal d’attendre, différer lui paraît impossible, alors que cette capacité est essentielle dans les apprentissages (par exemple, l’effort préalable nécessaire avant le plaisir de lire) -> le super contrat de travail élaboré par ma super collègue à dominante relationnelle Sandrine Florio.

Quand on lit Boimare ou Hégron, on finit par comprendre que l’enseignant doit accepter l’idée qu’il ne s’agit pas de simples problèmes de discipline liés à un manque d’effort de l’élève ou à une carence éducative de la famille, mais d’une psychopathologie particulière dont l’élève est la première victime. S’il n’accepte pas cette idée cette idée, l’enseignant aura tendance à rigidifier le cadre institutionnel, à multiplier les menaces, les interdits, les sanctions et les exclusions, au risque d’installer une escalade qui deviendra insupportable. C’est en gardant en tête que ces enfants sont dans une situation de handicap qui les dépasse que l’enseignant arrivera, certes parfois difficilement, à maintenir avec eux une relation positive et bienveillante. Cette acceptation permettra d’arriver à se décentrer aidera dans la gestion en cas de crise : lorsqu’on arrive à ne pas prendre la colère de l’élève de manière personnelle, quand on arrive à être moins dans l’affect, ce qui, j’en conviens, est difficile vu tout ce qu’on investit, on arrive mieux à rester calme et à aider l’enfant à un retour au calme. Après, je n’ai pas la baguette magique, je vous parle de mon expérience avec ces élèves. Il arrive parfois qu’on ne puisse pas, qu’on soit exténué et épuisé, et on a le droit ! Mais on passe la main -> C’est une affaire d’équipe !
Toutefois, avec le nouveau rôle du directeur en tant que pilote pédagogique, je me suis demandé comment en équipe, il pouvait avoir un levier pour que le minimum soit fait au sein de la classe pour accueillir les EBP. Nous les avons beaucoup formés, sous l’impulsion de notre IEN qui ne manque pas d’initiatives et d’idées, mais force est de constater que les équipes ont du mal à s’emparer des ressources. L’idée du tipi a fait son chemin, sauf que ce coin refuge est systématiquement installé en classe, pas toujours à bon escient : par exemple, un élève tyrannique n’a pas besoin d’être envoyé forcément au coin refuge, s’il fait du chantage pour y aller et éviter ainsi de travailler.

Le teepee de mon ancienne classe
Lorsque nous intervenons en tant que CPC, nous attendons que les enseignants aient déjà mis en place certains aménagements, aidés du directeur formé en circo, et nous intervenons si ces dispositifs n’ont pas fonctionné. C’est dans notre projet RASED concernant l’intervention des CPC et du RASED. Il me semble maintenant que c’est en équipe que cela peut continuer à porter ses fruits. Je vais continuer à en discuter avec mon équipe car nous sommes tellement plus efficaces ensemble, de manière à en sortir quelque chose d’intéressant.
En attendant, en lisant le livre La difficulté scolaire, chez Hatier, j’ai suivi leur idée d’élaborer une trame de charte d’accueil des EBP qui pourrait être définie en équipe : cela permettra au directeur de transmettre les informations recueillies lors de ses formations, tout en valorisant son rôle d’expert et de pilote pédagogique, et pour les collègues de définir une stratégie minimale d’accueil, mutualisant ainsi leurs connaissances et leurs compétence. Cela devrait déboucher sur une charte originale propre à l’école.
Je me suis essayé à cet exercice toute seule. Cette charte vise essentiellement les élèves hautement perturbateurs, mais pas que : aménager l’espace et le temps, rendre la classe accessible, associer les familles, cela fonctionne pour tous les EBP. Quand je parle d’accessibilité, je ne parle pas de handicap moteur mais bien de consignes et d’outils qui rendent le quotidien plus accessible pour tous. Vous en entendrez parler très bientôt, de ce terme ! Cela mérite sûrement d’être approfondi, mais si cela peut vous donner des idées :


Pour me remercier, rejoignez-moi pour connaître toutes les actus :
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J’insiste sur le fait que cette charte ne doit pas être donnée telle quelle à appliquer : elle est vouée à donner des idées aux directeurs pour créer la leur au sein d’un conseil de maîtres, où tout le monde participe et donne ses idées pour en créer une réalisable, en fonction des moyens et des possibilités de chacun. Le but est que tout le monde s’implique, partage ses idées et son matériel, que le directeur mette en avant ses connaissances et compétences en tant que pilote, et qu’il en ressorte des pratiques harmonisées que tout le monde accepte librement avec ce qui est faisable au sein de l’équipe.
Sylvie Hanot, CPC, Cafipemf généraliste et LVE
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5 Comments
Audrey L
13 octobre 2025 at 14h24Merci beaucoup Sylvie !
supermaitresse
13 octobre 2025 at 14h45Avec plaisir 🙂
Eichler
21 août 2025 at 13h23Je voudrais bien télécharger le document mis à jour svp. Je l’afficherai avec l’autorisation de la directrice en salle des maîtres et en glisserai un exemplaire dans mon guide du replaçant 😉 Merci et bravo pour votre travail !
Mazeau
10 juillet 2025 at 17h14Tout à fait d’accord avec ce qui est écrit. Et un grand merci à toute l’équipe de la circo de Vence.
Sonia
4 juillet 2025 at 21h32Bonsoir
Serait-il possible de pouvoir télécharger les documents sur les EBEP s’il vous plaît?
Belle fin de vacances
Sonia