Résumé de la note du CSEN : le redoublement est-il efficace ?

L’essentiel à retenir de cette note :

1. Le redoublement a fortement reculé, mais il persiste
En France, la pratique du redoublement a nettement diminué depuis les années 1970. Toutefois, elle n’a pas disparu : environ 11 % des élèves de 15 ans ont déjà redoublé au moins une fois. Les élèves issus de milieux socialement défavorisés restent les plus exposés, ce qui en fait une pratique socialement inégalitaire.

2. La recherche montre un consensus clair : le redoublement est globalement inefficace
Les travaux scientifiques, y compris les méta-analyses internationales les plus robustes, concluent que le redoublement n’apporte pas de bénéfices durables aux élèves concernés. Les éventuels progrès observés à court terme sont faibles et s’estompent rapidement, voire se transforment en désavantages à moyen et long terme.

3. Des effets négatifs avérés à long terme
Le redoublement augmente le risque de décrochage scolaire, diminue les chances d’obtention d’un diplôme et retarde l’entrée dans la vie professionnelle. Ce retard a également des conséquences économiques mesurables pour les élèves concernés.

4. Un coût budgétaire élevé pour un bénéfice pédagogique non démontré
Chaque année de redoublement représente un coût important pour la collectivité (plusieurs centaines de millions d’euros par cohorte). Cet investissement n’est pas justifié au regard de l’absence de bénéfices clairs pour les apprentissages des élèves.

5. L’argument de la “menace” du redoublement n’est pas solidement étayé
Le redoublement est parfois défendu comme un levier de motivation, la possibilité de redoubler incitant les élèves à fournir davantage d’efforts. L’idée selon laquelle la perspective de redoubler inciterait l’ensemble des élèves à travailler davantage reste empiriquement fragile et contestée. Les données disponibles ne permettent pas de conclure à un effet positif global et soulèvent des questions éthiques quant à la pression exercée sur les élèves. 

6. Une réponse à l’hétérogénéité des classes

Le redoublement est parfois présenté comme un moyen de gérer les écarts de niveau, en maintenant un élève en difficulté dans une classe où les apprentissages de base sont retravaillés. Selon le rapport, cette logique repose davantage sur des représentations professionnelles et organisationnelles que sur des preuves d’efficacité pédagogique.

7. Un effet positif à très court terme sur les apprentissages

A noter que le rapport reconnaît que certaines études observent une amélioration ponctuelle des résultats scolaires (notamment en lecture ou en mathématiques) l’année du redoublement ou immédiatement après, en particulier chez les élèves les plus jeunes. Limite majeure : ces gains sont faibles, transitoires et s’estompent rapidement, sans avantage durable par rapport aux élèves comparables n’ayant pas redoublé.

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Sylvie Hanot, CPC, Cafipemf généraliste et LVE

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