Un règlement de classe explicite pour la maternelle et le pot à récompenses

Vous vous souvenez de mon article sur le pot collectif des récompenses pour l’élémentaire, que l’on remplit avec des cartes de récompenses au fil de la journée ? L’article est ici : CLIC L’idée a fait des petits et des enseignants m’ont demandé de l’adapter à la maternelle, tout en proposant un règlement de classe explicite pour la maternelle, avec des pictos. 

L’idées est de faire progresser le groupe vers un objectif commun et donner à chacun le sentiment de participer à une réussite collective.

On sait quel effort ou quel progrès précis a été récompensé. L’article est ici : CLIC

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Chaque carte correspond à un progrès précis, identifiable et adapté à l’élève. 

Sandrine Florio, enseignante à dominante relationnelle, Elodie Soupet, enseignante brigade de circo,  et moi-même avons imaginé un fonctionnement de récompenses avec un même pot pour toute la classe, mais avec des objectifs individualisés.

Chaque élève peut recevoir une petite carte correspondant à un progrès précis qu’il a à accomplir. Lorsqu’il réussit, la carte est déposée dans le pot collectif. Peu à peu, le pot se remplit grâce aux progrès de tous. Chacun apporte donc sa contribution à la réussite du groupe, y compris l’élève qui rencontre des difficultés importantes ou qui a des besoins éducatifs particuliers. 

Ici, les récompenses ne sont pas des étoiles mais des progrès immédiatement identifiables, où chacun apporte sa contribution, aussi petite soit-elle, au groupe

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Un objectif commun, mais pas nécessairement le même chemin

Le principe me paraît important : tous les élèves contribuent au même pot, mais ils ne sont pas forcément félicités pour la même chose. Un élève peut recevoir une carte parce qu’il a attendu son tour avant de parler. Un autre parce qu’il a réussi à ranger sa chaise. Un autre encore parce qu’il a terminé son activité.

On ne demande donc pas exactement le même comportement à celui qui sait déjà suivre une consigne alors que rester à son atelier constitue déjà un progrès réel pour un autre. C’est précisément ce qui permet au dispositif d’être à la fois collectif et équitable.

Des comportements observables plutôt que des étoiles

Pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, je privilégierais des cartes qui portent sur des comportements observables, concrets et atteignables.

On évite donc les formulations vagues du type « sois sage » ou « comporte-toi bien ».

À la place, on cible par exemple :

« Tu as attendu ton tour. »

« Tu as terminé ton travail. »

« Tu as pris soin du matériel. »

« Tu as demandé à utiliser un jouet (au lieu de l’arracher des mains du copain). »

« Tu sais enfiler ton manteau. » etc …

L’enfant sait précisément ce qui est attendu de lui et surtout ce qui a été réussi. On ne met qu’une seule compétence par carte. Pour les élèves les plus fragiles, il me semble essentiel de conserver un seul comportement cible par carte. Une carte ne doit pas contenir plusieurs attentes simultanées et l’objectif doit rester immédiatement compréhensible, visible et atteignable. Plus le comportement attendu est précis, plus l’élève peut se représenter sa réussite. C’est aussi ce qui rend le renforcement beaucoup plus pertinent qu’une récompense globale donnée en fin de journée.

Voici donc présentées les familles : en classe, en regroupement, dans la salle de motricité, aux toilettes, au vestiaire, au coin jeux, se ranger.

Si l’objectif est atteint, la carte se met dans le pot. On ne retire pas de cartes. Si ça n’est pas atteint, ça le sera la prochaine fois.

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En classe

Je reste assis calmement sur ma chaise, je respecte la consigne, je prends le matériel dont j’ai besoin, je termine mon activité, je range le matériel, je range ma chaise, je demande de l’aide à la maîtresse / au maître, j’attends mon tour, je prends soin du matériel, je prête le matériel, je demande à ce qu’on me prête du matériel.

Le critère de réussite doit être ajusté à ce que l’élève est réellement capable de mobiliser à ce moment-là.

En regroupement

Je reste assis calmement, j’écoute l’histoire, je lève le doigt pour prendre la parole, j’écoute celui qui parle.

Dans la salle de motricité

Je rentre calmement dans la salle, je sors calmement dans la salle, j’écoute les consignes, je fais mon parcours en respectant la consigne.

On valorise un comportement précis qui a été rendu possible.

Au coin jeux

Je prête un jouet, j’attends mon tour pour prendre un jouet, je demande à ce qu’on me prête un jouet, je range les jeux.

On renforce ainsi progressivement les stratégies de régulation plutôt qu’une simple conformité comportementale.

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Se ranger

Je viens me ranger quand la maîtresse appelle, je me mets avec un camarade 2 par 2, nous restons les uns derrière les autres, j’avance calmement.

Le pot collectif prend alors tout son sens : les progrès individuels deviennent réellement utiles au groupe.

Toilettes, se laver les mains

Je tire la chasse, je me lave les mains, je fais couler l’eau, je mets du savon, je me rince les mains, je ferme le robinet, je m’essuie els mains, je jette le papier dans la poubelle.

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Pour obtenir les cartes de récompenses :

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Un règlement de classe 

Si les cartes sont destinées à être découpées et plastifiées, les planches peuvent être affichées en grand à chaque espace dédié. Cela constitue un règlement de classe que l’on peut suivre de manière explicite, selon l’espace où on se trouve.

Pour obtenir les affiches règlement de classe, à mettre dans chaque coin :

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Pourquoi ce pot peut-il réellement fédérer la classe ?

Le pot n’est donc plus rempli par des étoiles interchangeables. Chaque carte déposée représente un progrès réel. Pour certains élèves, ce sera un progrès scolaire, pour d’autres, ce sera un progrès attentionnel, émotionnel, social ou organisationnel. Mais tous contribuent au même objectif collectif.

C’est ce qui me semble particulièrement intéressant : l’élève à besoin particulier n’est pas placé à côté du groupe, il participe pleinement à la réussite du groupe. Il peut même arriver que ce soit son progrès qui permette à la classe de franchir le dernier palier. La différence devient alors une contribution, et non un écart à la norme.

Que gagne la classe lorsque le pot est rempli ?

Je privilégierais des privilèges collectifs, simples et compatibles avec le cadre scolaire, sans modifier les obligations réglementaires ni réduire les temps d’apprentissage. Il vaut donc mieux éviter, par exemple, de promettre une récréation prolongée : la durée des récréations relève de l’organisation scolaire et ne doit pas devenir une récompense.

En revanche, la classe peut gagner :

  • un temps de lecture offerte choisi par les élèves 
  • un jeu collectif de 10 à 15 minutes ou une séance de vélo
  • une séance courte de dessin libre (utile en vue de l’écriture pour dégourdir les doigts et le poignet)
  • un « quart d’heure créatif » (surtout en période de fête de Noël ou autre fête calendaire)
  • un temps de construction avec du matériel de classe 
  • une oeuvre collective en peinture (une fresque dehors, par exemple)
  • une séance de création musicale avec des instruments
  • un jeu de ballon, dehors
  • garder le doudou durant une activité de son choix
  • emporter la mascotte de classe à la maison

L’objectif n’est pas de créer une surenchère de récompenses. Le privilège doit rester secondaire. Ce qui doit progressivement devenir valorisant, c’est le fait de constater :  J’ai progressé et mon progrès a compté pour ma classe.  C’est sans doute là que ce dispositif prend le plus de sens.

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Il y a cependant quelques points de vigilance. Pour les élèves les plus fragiles, un seul objectif par période courte est préférable. Autre risque : utiliser une carte comme une promesse rigide. Un élève qui a la carte  Je reste calme pendant l’histoire peut échouer une fois sans que toute la démarche soit invalidée. Il vaut mieux présenter la carte comme un objectif à travailler du jour, pas comme une obligation de réussite permanente.

Le moment idéal dépend donc de la fonction recherchée. En début d’activité, la carte sert à focaliser l’attention sur un comportement précis. Pendant l’activité, elle sert de rappel visuel discret. À la fin, elle devient support d’évaluation. Si l’objectif est atteint, elle peut ensuite rejoindre le pot collectif.

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Et si un élève régresse ou n’atteint pas l’objectif, que faire ?

Le principe n’est pas de retirer une carte si l’élève régresse ensuite. La carte vient valider une réussite réelle à un moment donné : si l’objectif a été atteint, elle est acquise et peut rejoindre le pot collectif. 

Le but est vraiment d’éviter un système de sanction/perte, et de rester sur une logique de renforcement positif, de progrès et de répétition des réussites.

Pour obtenir les cartes règlement de classe à afficher :

 

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Je suis ravie que ce pot fasse des petits. N’hésitez pas à partager vos idées !

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Sylvie Hanot, CPC, Cafipemf généraliste et LVE

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