Tout ce que vous devez savoir sur le protocole de gestion de crise

Le protocole de gestion de crise : une feuille de route pour ne plus improviser

Tous ceux qui ont vécu une crise en classe s’en souviennent. Une chaise qui vole, un enfant qui court vers le portail, vingt-cinq regards tournés vers l’adulte… et cette question qui tourne en boucle : qu’est-ce que je fais, là, maintenant ? Le protocole de gestion de crise existe justement pour qu’on n’ait plus à se la poser seul dans l’urgence.

De quoi parle-t-on ?

Une crise, c’est une manifestation d’une agitation incontrôlée et/ou d’une agressivité physique ou verbale, au moment où l’élève perd le contrôle de son comportement. Le protocole est un document écrit, propre à un seul enfant. On y décrit ce qui déclenche ses crises, les signaux qui les annoncent, ce que les adultes font pendant et ce qu’ils font après. Ce n’est pas un règlement ni une sanction. C’est un plan d’action partagé.

À quoi ça sert ?

ça sert à anticiper et à organiser des gestes professionnels réfléchis. Quand tout le monde sait qui accompagne l’enfant, qui reste avec la classe et qui appelle la famille, on gagne de précieuses minutes. Surtout, on réagit avec plus de calme. Le guide Eduscol, rappelle la priorité : « protéger l’élève et le groupe » et essayer de l’apaiser en lui parlant calmement. Le protocole sert aussi à la prévention, pour que les crises soient moins fréquentes et moins fortes.

A quoi ça ressemble ?

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Qui l’écrit ?

Ce n’est jamais un enseignant tout seul car l’enfant « est avant tout l’enfant de l’école avant d’être celui d’une classe ». On peut réfléchir le protocole  en conseil des maîtres ou de cycle, puis finalisé en équipe éducative ou en ESS avec l’appui du RASED ou de l’EMAS. Les parents y ont toute leur place. C’est avec eux qu’on décide, par exemple, à quel moment de la crise ils seront prévenus.

Qui l’envoie et qui le signe ?

Là, les pratiques varient d’un département à l’autre, et il faut se renseigner auprès de sa circonscription. Il se peut que ce soit l’école qui transmet à l’IEN une synthèse factuelle des observations et des démarches effectuées. Dans certaines académies, le protocole doit être validé et signé par l’Inspecteur de l’Éducation nationale de la circonscription ou le chef d’établissement, puis présenté à la famille lors d’une équipe éducative. Dans beaucoup de modèles, on retrouve la signature du directeur, de l’enseignant et des parents. Ces signatures ont un sens : elles montrent que chacun s’engage sur les mêmes règles. La famille sait par exemple qu’elle pourra être appelée pour venir chercher son enfant.

Une fois signé, le document ne dort pas dans un tiroir. On le range dans le cahier d’appel, on le présente à tous les adultes qui interviennent dans la classe, remplaçants compris. En revanche, on ne l’affiche pas (ce n’est pas RGPD).

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Et pour l’élève ?

C’est peut-être l’essentiel. Un enfant en crise a besoin d’adultes stables, qui disent et font tous la même chose. Le protocole lui offre ce cadre prévisible, et donc plus rassurant. Le protocole doit évidemment être expliqué à l’élève concerné dans un moment de totale disponibilité. L’enfant n’est pas seulement l’objet du protocole, il en devient acteur. Il apprend à reconnaître ses signaux, à demander une pause avant que tout explose. Et quand la crise est passée, on prend le temps d’en parler avec lui pour comprendre ce qui s’est joué, et parfois réparer.

Et pour les autres élèves ?

Il convient de recueillir leurs ressentis après avoir assisté à la première crise et de leur expliquer que c’est angoissant aussi pour l’enseignant qui doit à la fois gérer la crise et s’inquiéter de ses élèves qui restent sans savoir quoi faire. On peut donc leur expliquer que l’adulte a besoin également d’être sécurisé et pour cela, lorsque la crise arrive, les autres doivent savoir que faire en autonomie, pour que l’enseignant puisse faire son travail de manière apaisée. Prévoir ainsi avec eux des activités autonomes à faire calmement, jusqu’à ce que l’enseignant soit à nouveau disponible pour eux. Vous serez étonné(e) de voir leurs réactions, même en Maternelle !

Un protocole ne supprime pas les crises. Mais il change la façon dont on les traverse, pour l’enfant comme pour les adultes.

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Sources

–Protocole de gestion du comportement et de la crise des EBEP, circonscription des Andelys (académie de Normandie), 2024

–Comprendre, réagir et prévenir : la Difficulté à Expression Comportementale, circonscription ASH Saint-Lô (Manche, académie de Normandie), juin 2023

–Protocole de gestion des élèves présentant des comportements perturbateurs, DSDEN du Territoire de Belfort (académie de Besançon), 2020

–Guide pratique « Aider et accompagner les élèves en difficulté de comportement », DSDEN de Côte-d’Or, 2014, publié sur Eduscol

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Sylvie Hanot, CPC, Cafipemf généraliste et LVE

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